03/03/2008

Lettre 3 octobre 1944

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"Ma chère petite femme, ce soir, je pense à toi, je pense à vous, le cœur rempli de nostalgie. Jamais, sauf en 40 peut-être, la séparation ne m’a paru plus dure. Car plus rien de chez nous ne vient nous consoler dans notre exil. Plus de lettres, plus de colis. C’est comme si l’on était prisonniers une seconde fois. Et l’on n’attend même plus de nouvelles des siens. On sait qu’elles ne viendront plus, qu’elles ne peuvent plus venir hormis par un détour et dans des semaines ou des mois. Mais on se raisonne et l’on finit par reprendre courage. Le meilleur des calmants est encore le travail. Je poursuis toujours le mien dans le même sens. Jeudi prochain, je présente mon dernier roman au public. La lecture des extraits, faite par deux de mes amis, sera précédée par une introduction du général Michiels. Pas moins. Quand je choisis un patron, tu vois que je le choisis très haut placé. Je devrai beaucoup à la littérature, notamment de m’avoir épargné l’ennui. Sans elle, je serais devenue une épave comme beaucoup. Vivement une lettre ou la libération, ce qui vaudrait mieux. Toutes mes tendresses, ton Raymond".

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