01/03/2008

24 juillet 1940

Post initial : ici

"Ma bien aimée, Grâces soient rendues au Ciel, vous êtes sains et saufs. O mes chéries. je viens enfin de l'apprendre par ta lettre du 15 reçue le 232 et ta carte du 17 reçue le 23. Je te réponds seulement aujourd'hui car les dates nous sont imposées. Que je suis heureux maintenant, je ne me possède plus de joie : il ne me manque plus qu'une chose, la principale : me trouver près de vous. On parle beaucoup de notre retour mais jamais on ne fixe de date. Sera-ce pour bientôt ? Ah ! comme je le souhaite. Je suis en bonne santé mais un peu maigri. Je vais cependant regrossir car le docteur m'a ordonné une double ration. Tout va donc bien, ne te tracasse pas. Toutefois j'accepterai le colis avec joie dès que tu pourras l'expédier. Fais parvenir mes amitiés et mes voeux à Gobier. As-tu été à Couthuin ? Seilles est détruit paraît-il. Notre maison habitée par les D., le mari est ici. Où est mon beau-frère ? Que disent les journaux ? Et votre vie là-bas ? Ne manquez-vous de rien ? Je voudrais des détails. Etes-vous fort rationnés ?  Les journaux parlent-ils de l'avenir des officiers de l'active ? L'oncle Armand retravaille-t-il déjà ? Et notre chère petite, comme je voudrais la revoir. Ah comme je souffre d'être si loin de vous, mais je suis courageux, il le faut. Ecris-moi très souvent ma chérie, je t'écrirai moi 2 lettres par mois et environ 2 ou 3 cartes. Au moment de terminer  3 cartes ( Maman, Lulu, Mariette) et j'apprends par l'une d'elles  que tu avais reçu mon billet de Brasschaat. Quand ? Reçois tous mes baisers. Ton Raymond".

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